WILD STORIES
Comment être rentable dès l'ouverture
L e 14 mai, on ouvre enfin. Et tout de suite, on doit penser rentabilité. On se rend compte que nos plus grosses charges sont inévitables : le loyer, l’éléctricité, les prêts, et toutes les petites dépenses administratives. Ça monte vite à 9000€ HT par mois, et on ne peut rien y faire.
Heureusement, on avait planifié notre ouverture pour être sécurisées. Grâce à france travail, on a pu conserver nos aides chômage pendant la première année. Ça nous permettait de payer nos factures perso, pendant que la wiwi faisait ses premiers pas.
Moi, je suis ultra économe. C’est Lolita qui gère les factures et les dépenses de la team. Mais moi, je vais jusqu’à fabriquer les menus à la main en carton pour économiser. On savait qu’on devait garder chaque euro pour pouvoir payer ces fameuses charges fixes.
Au début, pas de stock pour éviter de trop dépenser. On fonctionnait en flux tendu ; les clients achetaient une plante, et on allait se réapprovisionner dès le lendemain matin. Pas de gaspillage, pas de risque inutile.
Au bout de quelques mois, on avait assez de trésorerie pour embaucher un cuisinier, qui faisait sucré et salé. On a ouvert la partie coffee shop. C’était intense, surtout quand on a décidé d’ouvrir aussi les vendredis et samedis soir avec des planches maison et des pichets de sangria. Mais chaque euro comptait pour sécuriser l’entreprise.
Rapidement, on génère 35k€ de chiffre d’affaires par mois. On devait compter environ 40% pour l’achat de marchandises et ajouter les 9K€ de charges. Même avec trois salariés, on réussissait à mettre de côté 4000€ par mois. Tout cela, sans nous payer de salaires.
Puis, en novembre, patatras, le deuxième confinement. Panique totale : les clients ne pouvaient plus venir, mais les charges restaient. Pas de trésorerie suffisante, on décide donc de créer notre site internet pour survivre.
On se lance dans la création du site, encore une fois en DIY. Avec l’aide de mon copain pour l’hébergement, on passe 15 jours à tout mettre en place. Fiches produits, photos, tout y passe. Et dès le lancement, c’est un succès : 15 à 30 commandes par jour !
On voulait transformer la wiwi en village de Noël avec des sapins bio des ardennes belges. On documente tout sur les réseaux, et les précommandes explosent.
On a tout donné cette première année. De la sous-location du local à la création de box saisonnières et de kits DIY, on a tout essayé pour rester à flot. Pas un euro dépensé inutilement, et à la fin, on a réussi : toujours de l’argent sur notre compte, sans avoir besoin d’emprunter à nouveau.
L a deuxième année, après tous ces essais, on se stabilise enfin dans notre business model : café – jardinerie – atelier. Sans nouveau confinement, on pose des bases solides pour pouvoir avancer sereinement.
Une fois le business stabilisé, on s’est concentrées sur les conditions de travail. Pas de coupures, 3 jours de repos par semaine, des week-ends libres, des repas frais tous les jours, plannings publiés à l’avance… La team a maintenant 186 jours sans travailler par an.
Fin de la troisième année, la wiwi a trouvé son équilibre. L’offre est claire, l’organisation est solide. Mais au moment où on pense enfin être stables.. Il y a eu Wilder. Mais ça, c’est pour un autre épisode 😉