WILD STORIES
Comment on a fait les travaux de la Wilderie
O n visite un local en août 2019, et c’est le coup de cœur immédiat. C’était une pizzeria fermée, donc pas-de-porte, parfait pour notre petit budget. Mais il y a un hic : une chaîne est aussi intéressée, et on a failli le perdre.
Les murs sont en cours de rachat par des investisseurs. On s’est battues pour garder ce local, et après 6 mois de discussions, on a enfin les clés en mars 2020. Mais que s’est-il passé pendant ces 6 mois ?
On crée La Wilderie, notre société, et on travaille sur notre financement. On met chacune 2000€ dans le projet, et on lance une campagne de financement participatif sur Ulule.
En 1 mois, notre campagne Ulule nous rapporte 6000€. C’était intense, mais cela nous a permis de lancer nos réseaux sociaux, de parler de notre projet dans les médias locaux et à la radio.
Ensuite, on sollicite ILMS pour des prêts d’honneur. On passe devant des commissions pour expliquer notre projet. Résultat : 24 000€ en poche. Puis, direction les banques avec un apport total de 34 000€.
On se présente au CIC pour un prêt de 64 000€. Encore des commissions, des garanties à obtenir… Finalement, on a notre financement complet. Le 14 mars 2020, on signe le bail et récupère les clés.
Et direction MEERT pour fêter ça autour d’un bon goûter, le meilleur repas de la journée pour nous !
Juste après avoir récupéré les clés, le monde bascule. Le 17 mars 2020, c’est le confinement. En panique, on file en Belgique chez Mr Bricolage. On passe une journée entière à faire des plans et des listes de matériel, tout devait être acheté avant la fermeture (ça va, pas trop la pression).
On repart avec 2 camions de matériel pour 15 000€. Et là, confinement. Je passe mes 30 ans sur mon canapé et j’harcèle Lolita pour qu’on commence les travaux. On a 3 mois avant de payer le loyer, donc c’est un peu le stress. Finalement, on commence les travaux, mais les artisans ont annulé, donc on fait tout nous-mêmes. Tutos YouTube et improvisation deviennent nos meilleurs amis.
En 6 semaines, on transforme le local de fond en comble. On économise tellement qu’on peut s’offrir la machine à café et le moulin de nos rêves. On convainc l’électricien de venir pour refaire tout aux normes, ça nous coûte 11K€. Mais tout n’est pas rose : je pète un tuyau d’eau chaude, et Lolita doit faire un aller-retour d’urgence pour trouver un bouchon.
Enfin, le 14 mai, on ouvre les portes de notre boutique de plantes. Pas encore de restauration, juste des plantounes. On se dit « Et s’il n’y avait personne ? » Mais dès les premiers jours, c’est la folie.
M on cousin, chef cuisinier, vient à la rescousse pour recruter Robin, une pépite qui restera avec nous presque 2 ans. Les débuts sont difficiles : peu de monde au déjeuner, encore moins l’après-midi. On demande même à nos amis de venir bosser en télétravail chez nous pour faire du remplissage.
L’été passe, on trouve notre rythme. On crée deux nouveaux postes pour Marine, ma cousine et Xavier, un ami de mon frère (que vous connaissez maintenant). On est enfin 5 à faire tourner la Wiwi du mercredi au dimanche. Tout se passe bien, on rigole, on galère, mais on avance.
Mais juste au moment où tout semble enfin bien parti, le deuxième confinement arrive. Comment avons-nous fait pour surmonter cette nouvelle épreuve ? Et combien de temps nous a-t-il fallu pour être rentables ?